Vivre l’expérience Ménilmontant autour du 26 rue Sorbier 75020 Paris

Au 26 rue Sorbier, dans le 20e arrondissement, un ancien central téléphonique a ouvert ses portes au public le 12 mars 2026 sous le nom de PRINT.

L’immeuble, propriété de Covivio et en attente de réhabilitation, accueille jusqu’au 7 juin 2026 un projet culturel éphémère mêlant photographie, gastronomie et musique sur 3 000 m² répartis sur six étages. Ce n’est pas un équipement culturel permanent : c’est une occupation temporaire d’un bâtiment tertiaire, avec une date de fin annoncée dès l’ouverture.

L’initiative ne part pas d’une institution culturelle ni d’une collectivité locale. Elle réunit le collectif Cracki Records, l’agence Bureau Classico et le chef Alexis Bijaoui, qui s’étaient déjà associés lors des Rencontres de la photographie d’Arles, où le projet avait attiré plus de 6 000 visiteurs en trois semaines.

Pour son édition parisienne, PRINT prend possession d’un bâtiment que Covivio décrit comme « lumineux aux volumes spectaculaires ». La foncière y voit une façon de tester l’animation d’un actif avant sa transformation définitive. Céline Leonardi, Directrice Marketing et Customer Experience Europe de Covivio, l’a formulé directement : « Cette émulation collective va nous inspirer pour la suite de l’histoire. »

Ce cadrage est important pour comprendre ce que PRINT est, et ce qu’il n’est pas. Le projet n’a pas vocation à s’inscrire durablement dans le tissu de Ménilmontant. Il occupe un vide entre deux états d’un immeuble de bureaux.

Six étages de programmation : photo, cuisine et musique à Paris 20

La programmation de PRINT distribue les usages par niveau. Les expositions photographiques immersives occupent plusieurs étages, dans la lignée des Rencontres d’Arles qui ont servi de matrice au projet. Un café-bibliothèque, un pop-up store et des salles de travail complètent l’offre en journée.

Le 4e étage est entièrement dédié à la musique. Des shows et DJ sets gratuits s’y succèdent jusqu’en juin, avec une programmation signée Cracki Records couvrant house, disco, techno et RnB. C’est cet étage qui ancre PRINT dans la scène festive parisienne plutôt que dans le circuit culturel classique.

La dimension gastronomique repose sur deux propositions distinctes :

  • Le restaurant du chef Alexis Bijaoui, avec une terrasse panoramique offrant une vue sur Paris, positionné sur un registre gastronomique dans une ambiance conviviale.
  • La PRINT’ZZERIA, tenue par Marthe Brejon, qui propose une offre de pizzas dans une démarche qu’elle décrit comme engagée.

L’accès au lieu est annoncé comme gratuit et ouvert à tous. Les conditions précises d’entrée, l’affluence aux différentes plages horaires et les modalités d’accès aux événements musicaux méritent d’être vérifiées directement auprès des organisateurs avant de planifier une visite.

Terrasse de café typique dans le quartier de Ménilmontant Paris 20ème, avec un homme lisant un livre en sirotant un espresso dans une ambiance de bistrot parisien authentique

Le quartier Sorbier et l’ancrage local de PRINT

La rue Sorbier se situe dans la partie haute de Ménilmontant, à proximité de la rue de la Roquette et du cimetière du Père-Lachaise. C’est un secteur de Paris qui a connu une densification des lieux culturels alternatifs depuis une vingtaine d’années, sans pour autant perdre son tissu résidentiel populaire.

PRINT s’installe dans ce contexte sans en être issu. Le lieu ne prolonge pas une dynamique locale préexistante : il est importé d’Arles, porté par des acteurs extérieurs au quartier, et installé dans un immeuble qui n’a jamais eu de fonction culturelle. L’animation que Covivio espère générer autour de l’immeuble profite au projet, mais la question de ce que les habitants retiennent de cette présence reste ouverte.

Les sources disponibles ne documentent pas de partenariats avec des associations ou des acteurs culturels établis dans le 20e arrondissement. Ce que le communiqué de Covivio mentionne, c’est la présence de « commerçants et acteurs locaux » sans les nommer, ce qui ne permet pas d’évaluer la réalité de cet ancrage.

Après le 7 juin : que reste-t-il de PRINT pour Ménilmontant ?

La question mérite d’être posée directement. PRINT ferme le 7 juin 2026. L’immeuble sera ensuite réhabilité par Covivio selon un programme qui n’est pas public à ce stade. Une fois l’événement terminé, le bâtiment reprend sa trajectoire immobilière.

Ce type de programmation culturelle temporaire sur des actifs tertiaires vacants n’est pas propre à Paris. Il s’inscrit dans une logique de valorisation d’actifs entre deux usages, qui bénéficie à la fois au porteur du projet (visibilité, recettes) et au propriétaire (animation de l’immeuble, test de programmation, communication). Pour les habitants du quartier, le bilan dépend de ce que Covivio choisit de faire du bâtiment ensuite.

Si la réhabilitation produit des logements, des bureaux ou un équipement public, le passage de PRINT aura constitué une parenthèse sans continuité culturelle. Si elle intègre des espaces communs ou une programmation pérenne, l’expérience de ces trois mois pourrait avoir pesé dans les choix. Les informations disponibles ne permettent pas de trancher sur ce point.

Comment accéder au 26 rue Sorbier Paris 20

L’adresse, 26 rue Sorbier dans le 20e arrondissement, est desservie par plusieurs lignes de transport en commun. Ménilmontant reste un quartier dense, avec des options d’accès depuis les lignes de métro du secteur. Les horaires précis de PRINT, les jours d’ouverture et les conditions d’accès aux événements spécifiques (DJ sets, restaurant) sont susceptibles d’évoluer jusqu’à la fermeture du 7 juin.

PRINT représente une expérience de Ménilmontant singulière, celle d’un immeuble en transition qui révèle ses volumes le temps d’un printemps. Ce que le quartier retient de cette présence dépendra moins du projet lui-même que de l’usage qui suivra.

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